Danser dans la mémoire – Un bonheur qui traverse le temps –

              Danser dans la mémoire                    

Chaque année, à Pointe-à-Pitre, les associations de danse traditionnelles se réunissent pour offrir un défilé chatoyant dans les rues de la ville suivi d’un spectacle de danse place de la Victoire. Cette année, elles ont choisi la fête des grands-mères pour rappeler que ces danses ne sont pas seulement des pas appris, mais une mémoire transmise.

Le jour J, me voilà levée avant l’aube pour me rendre à pied de la Marina de Rivière-Sens à la gare routière de Basse-Terre. Une belle promenade dans la nuit tropicale le long de la mer des Caraïbes.

Un air connu ; « la fille d’Ipanema » résonne dans ma tête sur cette esplanade déserte, comme un théâtre avant la représentation. J’esquisse quelques pas de bossa nova pour tromper l’attente pendant que le ciel s’éclaircit en demi-teinte. Le bus arrive enfin  et le départ s’effectue dans la clarté rosée du soleil levant. 

A Pointe-à Pitre, il me faut trouver le lieu du rassemblement pour le départ du défilé. Pas d’hésitation, c’est à ces deux dames élégantes que je dois demander mon chemin. Le lieu de rassemblement : sur le parvis de la mairie.

Et voici une belle dame en rouge qui doit certainement se rendre au même endroit, ainsi que deux en blanc et d’autres encore plus élégantes les unes que les autres.

Je n’ai qu’à mettre mes pas dans leur sillage pour remonter jusqu’au lieu du rendez-vous.

 

                                   

La journée des Mamies à Pointe-à-Pitre

Me voici devant l’Hotel de ville. La musique n’a pas encore commencé. Mais déjà les gestes parlent. Un ruban ajusté. Une coiffe nouée. Un rouge posé sur des lèvres d’enfant.

Ce n’est pas seulement une danse que l’on prépare. C’est une mémoire que l’on transmet. Chaque année, en choisissant de célébrer la biguine, le quadrille et la valse créole,  ces associations rappellent que la tradition ne se conserve pas seulement dans les livres, elle se porte, elle se danse, elle se passe d’une main à l’autre.

   

J’ai aimé la passion de ces hommes, de ces femmes, leur spontanéité, leur désir profond de transmettre un héritage culturel précieux.

Leur demander une photo, recevoir leur sourire. C’était reconnaître la parure d’un temps ancien, la danse des ancêtres, de ceux qui ont aimé, espéré et dansé avant nous. Ces musiques et ces pas que l’on fait revivre par delà les siècles, le temps d’une journée.

Une si belle journée.  

 

 

Le défilé part de l’Hotel de ville pour rejoindre la place de la Victoire, où une foule déjà conquise, les attend. 

 

 

 

 

C’est là que Jean-Michel Curier a saisi ces instants de joie partagée. J’y retrouve la dame en rouge parmi les danseurs, tous emportés par la musique.

Vidéo de Jean-Marie Curier – jem_photographie   

Un bonheur qui traverse le temps

Une magnifique journée,

comme si le temps s’était effacé et que nous retrouvions, par la grâce de quelques mesures et de pas esquissés, la douceur d’un passé révolu. Tous ces costumes sortis d’une autre époque donnaient l’impression d’un retour vers des jours heureux. 

En chacun de nous sommeillent des moments de bonheur que l’on voudrait retrouver.

Ce bonheur, nos aïeux l’ont éprouvé avant nous.

Il traverse le temps et revit dans la danse.

 

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